Lundi 3 avril 2006
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" Dam n'eut pas la moindre reaction. Au contraire de ce à quoi s'attendait Belzéou, une tranquillité inexplicable envahit sa conscience, un sourire presque abstrait dessinait la paix qu'il n'avait jamais ressentie, une paix qu'il avait toujours recherchée dans ce que l'argent peut donner, car, en réalité , il n'avit pas compris les choses les plus evidentes de la vie. Et qu'est ce qui est normal dans cette vie ? La paix qui est une chose pour les uns et une autre pour les autres ? La paix que tous recherchent sans même savoir l'identifier dans toute sa plénitude ? Qu'est ce que la paix ? Qu'est ce qui est réellement bon dans cette vie ? Il avait toujours eu des doutes sur ces points.
Mais personne ne peut dire qu'il n'y a jamais eu de paix dans une biére bue au troquet du Bonfim, dans le tambourin joué aux repetitions des écoles de samba, dans le rire de Bérénice, dans le joint avec les amis et les parties de foot le samedi aprés-midi. Peut-etre était-il allé trés loin pour chercher quelque chose qui avait toujours été a ses cotés... Mais peut-il y avoir réellement une paix pour qui vivre a toujours signifié se debattre dans le gouffre de la misére ? Il avait cherché quelque chose qui était si proche, si proche et si bon, mais la peur que le brouillard devienne tout a coup tempête l'avait rendu comme ça: aveugle a la tranquillité qui maintenant allait être définitive.
Peut-etre la paix était-elle dans le vol des oiseaux, dans l'observation de la délicatesse des tournesols qui se courbent dans les jardins, dans les toupies qui tournent par terre, dans les tours et retours du bras du fleuve, dans la douce fraicheur de l'automne et dans le vent en forme de brise.
Pourtant, tout pourrait toujours s'agiter d'une façon floue, rivaliser avec lui, et passer devant le canon de son revolver. Mais quelqu'un peut-il voir le beau avec des yeux obtus, faute de presque tout ce dont l'homme a besoin ? Peut-etre n'avait-il rien cherché, peut-etre n'avait-il pas pensé a chercher, il devait juste vivre cette vie qu'il avait vécue sans la moindre raison qui le conduise à une attitude parnassienne dans cet univers écrit en lignes si vagabondes.
Il se coucha lentement, sans sentir les mouvements qu'il faisait, il avait la certitude qu'il ne sentirait pas la violence des balles. Il était dejà une photographie jaunie par le temps avec ce sourire figé, cette attente de la mort serait réellement un repos pour celui qui s'était vu obligé a faire, de la paix des choses, une déclaration de guerre systématique. Ce silence face aux questions de Belzeou et à l'expression de joie mélancolique qui perdura dans le cercueil "
Paulo Lins
La cité de Dieu